les actualites - Inauguration de l’UniversitE publique du Sud’Est à Jacmel

Discours de SEM Réginal Paul, ministre de l’Education nationale et de la formation professionnelle
Jacmel, 20 décembre 2011

Honorables parlementaires,
Monsieur le délégué,
Monsieur le Maire,
Monsieur le recteur de l’Université publique du Sud’Est,
Monsieur le Directeur départemental,
Cadres et employés du MENFP,
Chers enseignants,
Chers étudiants,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un grand plaisir d’être aujourd’hui parmi vous, dans la ville d’Alcius Charmant, de René Depestre, de Jean Metellus et du feu Professeur Jean Claude en vue de procéder à l’inauguration de l’Université publique du sud-est à Jacmel (UPSEJ).
Toute une pléiade d’hommes et de femmes ont œuvré pour que ce jour nouveau se lève sur Jacmel et le sud-est.
En effet, quand on sait que Jacmel est la première ville à être électrifiée dans la Caraïbe, à avoir son propre lycée communal (le lycée Pinchinat) où des personnages importants de l’histoire tels : le professeur français, Debray Aîné, l’ami intime du poète Victor Hugo qui s’exila à Jacmel pendant le règne de Napoléon et qui devint le troisième directeur dudit établissement en 1860 ; que ce lycée ait eu des prêtres importants tels que le Révérend Père Lacordaire et le Père Castel comme professeurs… il est étonnant que ce ne fut pas la première ville à se doter aussi de la première université en Haïti.

Mesdames et messieurs,

L’inauguration de l’UPSEJ symbolise la volonté de l’Etat de rendre effectives les Universités publiques en région de manière à répondre à cette demande croissante d’étudiants en quête de savoirs. En cela, je dois saluer les initiatives de mes prédécesseurs qui ont ouvert la voie à la matérialisation de l’Université publique du Sud-est à Jacmel.
Je me réjouis, enfin que grâce à la mobilisation de plusieurs acteurs, nous soyons parvenus à l’ouverture de ce centre universitaire. Deux ans après le séisme destructeur du 12 janvier 2010 qui a détruit la plupart des centres universitaires de Port-au-Prince, il s’était avéré urgent de créer des universités en région appelées à servir la communauté, surtout avec l’exode massif de jeunes, enregistré au lendemain du tremblement de terre.
C’est un signe clair envoyé par le gouvernement pour la refondation de cette nouvelle Haïti qui passe, entre autres, par l’éducation, la formation de citoyennes et de citoyens aptes à orienter le pays sur la voie du progrès, du développement durable tant recherché.
Par cette initiative, il s’agit, d’une part, d’améliorer l’accès à l’enseignement supérieur et de produire, d’autre part, une masse critique d’universitaires capables de répondre aux défis de la société haïtienne et de contribuer à la recherche afin d’anticiper sur certains problèmes clés qui affectent le pays car, l’université doit jouer son rôle d’avant-garde en contribuant au développement d’une expertise sur les problèmes de société et à la production du savoir et du savoir-faire.
Cette action permet aussi aux jeunes de s’orienter vers le chemin du savoir, loin des dérives constatées, de plus en plus, vers l’alcool, la drogue et la délinquance juvénile. Face à la crise socio économique, en plus des problèmes de repères et d’identité, il est impératif que des initiatives de ce type se multiplient pour offrir aux jeunes un cadre adéquat pour leur plein épanouissement. C’est le devoir de l’Etat, et c’est à cela que s’attèle le gouvernement qui a déjà annoncé des initiatives en ce sens. Les nombreux engagements et actions du chef de l’Etat marquent cette volonté d’œuvrer à l’avancement de l’éducation en Haïti.
C’est aussi dans cette perspective que je profite pour lancer le même appel aux étudiants, déjà fait aux élèves, savoir le développement des pratiques sportives, artistiques et culturelles, pouvant faciliter l’éclosion des talents. En cela, le rectorat de l’UPSEJ devra jouer aussi son rôle d’encadreur.
Dans cet ordre d’idées, je voudrais rappeler aux étudiants que le secret de la réussite universitaire réside dans l’esprit de la préparation quotidienne, quand l’étudiant se dit et sait que demain lui appartient. Il doit donc s’armer non seulement d’éducation mais d’ambitions et d’idéaux qui doivent mettre en valeur son savoir et son savoir-faire comme agronome, comme médecin, comme éducateur, comme gestionnaire… et j’en passe

Mesdames et Messieurs,

C’est un pas important qui vient d’être franchi avec la mise en place de cette quatrième université publique. Mais il nous reste beaucoup de chemin à parcourir pour que ces centres universitaires remplissent convenablement leur rôle. Il nous faut notamment construire ces universités sur des espaces adéquats regroupant toutes les entités d’études et répondant aux normes de construction para-sismiques mais aussi et surtout adaptés aux standards des conditions d’apprentissage universitaires avec des laboratoires, des centres de recherche, des terrains de jeux etc. pour que l’on parle véritablement de campus universitaire où la vie associative et estudiantine pourra se développer avec un corps professoral dédié uniquement à cette fin.
J’en appelle à la collaboration de tous les acteurs ici présents pour que cet autre rêve devienne une réalité. Ceci est possible si nous nous impliquons toutes et tous, avec nos partenaires étrangers, dans cette démarche visant à construire des universités de qualité devant guider nos réflexions et nos actions pour la refondation de cette nouvelle Haïti qui doit se repositionner par rapport aux avancées du monde caribéen et latino-américain.
Alors, mettons nous à la tâche pour le bonheur de cette jeunesse assoiffée de connaissances, de savoirs et de savoirs faire capables d’amener le changement tant souhaité pour notre pays.
Vive les universités publiques, vive Haïti !

Merci