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le Programme de scolarisation universelle, gratuite et obligatoire (PSUGO), une promesse qui dépasse les espérances.

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Si la tendance se maintient au rythme actuel avec le Programme de scolarisation universelle, gratuite et obligatoire (PSUGO), d’ici les deux prochaines années, Haïti pourrait atteindre l’un des objectifs clés de 2015, savoir l’accès à l’école de tous les enfants, tel que prévu dans le Cadre d’action de Dakar. C’est un pari important que le pays pourrait gagner moins de quatre ans après le séisme dévastateur de janvier 2010 qui avait profondément affecté le parc scolaire. Ceci exigera l’implication de tous les acteurs qui doivent accompagner l’Etat dans cet effort colossal pour le développement du pays

Un constat est clair :le PSUGO est en train de dépasser toutes les attentes pour sa première année de lancement. On parle de plus de 900 000 enfants déjà touchés alors qu'on en était à 772 000 enfants au début. A date, 8 854 écoles sont impliquées dans le programme dont 1 392 dans le secteur public et 7 462 dans le secteur non public.

Departement Nombre d'Ecoles Effectif Eleves
Artibonite 2198 181860
Centre 159 45824
Grand'Anse 375 40,532
Nippes 106 17,014
Nord 326 95,338
Nord'Est 169 36,065
Nord'Ouest 267 45,885
Ouest 4,915 339,178
Sud 177 55,279
Sud'Est 162 46,024
Total 8,854 903,000
     


En dépit de certains problèmes qui sont en train d’être résolus, le Programme avance et suit son cours au bénéfice de ces oubliés de l’histoire qui, eux aussi, ont droit à la dignité humaine, à l’éducation, pour la refondation d’une société plus juste. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en traversant le pays, les témoignages sont éloquents quant à la pertinence d’un tel Programme.

Il suffit de visiter, entre autres, la localité de Laviolette , à Pemèle, 3ème section communale de Fonds des Nègres dans les Nippes et la localité de Bas-Ravine Normande, située dans la 5ème section communale Bas Cap-rouge dans le Sud-Est, pour se rendre compte de l’impact positif d’une telle initiative. L’engouement et la joie des enfants sont palpables malgré la précarité des moyens.

Joël, un élève de onze ans à Laviolette, se réjouit de pouvoir enfin fréquenter l’école et de ne plus courir dans les mornes et la savane. Anne, 12 ans, exprime sa fierté de pouvoir maitriser, sous peu, les rudiments de la lecture et de l’écriture afin d’être utile à elle-même et à sa famille.

Etienne Guimard, le directeur de l’école nationale de Laviolette, inaccessible en voiture, estime que c’est un Programme révolutionnaire par sa dimension et son ambition, par les catégories sociales touchées et les zones défavorisées jusqu’à présent dépourvues d’écoles.

Un inspecteur principal qui a travaillé pour la mobilisation des enfants à travers les Nippes, se dit enchanté de constater l’implication des parents et de la communauté dans l’identification des jeunes en dehors de l’école et le suivi pour la fréquentation scolaire. Nul doute, selon lui, que le PSUGO pourrait permettre à Haïti d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement relatifs à l’éducation, en facilitant l’accès à l’école de tous les enfants haïtiens.

« C’est un grand défi qui sera relevé avec cette volonté affichée par le Président de la République et les autres responsables de l’Etat d’amener tous les fils et filles du pays à l’école sans exclusion », souligne un directeur départemental, soucieux de la réussite du Programme dans sa région.

Origine du PSUGO
C’est au cours de sa campagne électorale que le Président Joseph Michel Martelly avait annoncé son intention d’amener tous les enfants à l’école. Un projet qu’il n’a pas cessé de rappeler dans tous ses discours depuis son investiture, précisant que l’éducation sera la priorité des priorités. Cette promesse devient une réalité en octobre 2011 avec le lancement officiel du PSUGO.

Depuis, les actions se multiplient sur le terrain par le ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle, porteur du dossier. Son titulaire, M. Réginald Paul, a créé un task force en vue de renforcer l’Unité d’études et de programmation (UEP) du ministère pour le pilotage du Programme. Le principal souci du ministre, très clairement formulé dans son discours d’intronisation, est de faire atterrir le Programme : « toutes les capacités et l’énergie nécessaires seront mobilisées en vue d’atteindre les objectifs qu’il (le Président) s’est fixés en matière d’éducation ».

Une nette amélioration sur le terrain
En effet, après quelques difficultés d’ordres divers rencontrés sur le terrain au début, l’encadrement des enfants s’est nettement amélioré depuis le mois de décembre. Ainsi, 121 000 kits scolaires ont été distribués, des uniformes, des manuels scolaires, des bancs à travers les dix départements scolaires, avec l’appui de partenaires tel l’UNICEF. Sans compter la mise en place de cantines scolaires dans certains établissements scolaires grâce au Programme national de cantines scolaires (PNCS) et à l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM) ; l’augmentation des autobus scolaires dans plusieurs villes du pays.

De plus, vingt millions de gourdes ont été allouées aux écoles publiques, montant qui représente la première tranche des frais scolaires éliminés dans lesdites écoles des deux premiers cycles du fondamental. Près de 7 500 écoles non publiques sur plus de 8 000 ont déjà signé leur contrat avec l’Etat, ouvert leur compte à la Banque nationale de crédit, déjà alimenté par une première tranche. Ainsi, 452 280 560,40 de gourdes ont été versées grâce aux fonds du trésor public.

Il est certain qu’il reste de beaucoup à faire notamment les nouvelles écoles à construire pour que l’on parle de satisfaction totale, avoue l’un des responsables du comité de pilotage du PSUGO, mais les progrès accomplis jusque là et l’engouement manifesté par les principaux acteurs et bénéficiaires en sont déjà une manifestation concrète de la réussite du programme.

Perspectives
Dans le souci de continuer à œuvrer à l’amélioration du programme, le MENFP, par l’intermédiaire de l’UEP, se propose d’entreprendre, sous peu, les actions suivantes : l’élaboration du document stratégique du programme pour les quatre prochaines années, le paiement d’une première tranche de salaire aux personnels enseignants et administratifs, la distribution de structures d’accueil provisoires aux écoles, la réhabilitation et la construction de salles de classe, la formation des enseignants et du personnel administratif impliqués dans la mise en œuvre, de la formation des conseils d’écoles, le paiement de la deuxième tranche de la subvention aux écoles non publiques, la préparation de la rentrée scolaire 2012.

Création de centres d’appels
Parmi les multiples mesures adoptées pour garantir la transparence au niveau des informations tout au long du processus, il faut citer la création de dix centres d’appels et l’ouverture d’une boîte à suggestion dans les dix directions départementales d’éducation du pays en vue de recueillir les doléances de la population en général et des responsables d’écoles participantes en particulier. Ces centres devraient être opérationnels d’ici la fin du mois de janvier (le numéro de contact sera le *788).

Le PSUGO est un projet noble qui nécessite la collaboration de tous les secteurs de la vie nationale pour sa réussite. Car, aucune société au seuil du troisième millénaire ne peut effectivement prendre les voies du progrès et du développement durable sans l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique éducative pérenne et adaptée à ses besoins. Un engagement collectif s’avère donc indispensable pour y parvenir. Tout un chacun doit comprendre que l’heure est à l’unité pour le bien être collectif, principalement pour nos enfants qui sont les principaux bénéficiaires de ce Programme.

Un fait est certain comme l’a souligné le ministre de l’Education nationale, M. Réginald Paul, dans son discours d’investiture : « La volonté forte et inébranlable de l’exécutif, sous l’impulsion du Président de la République, à favoriser la scolarisation universelle, apporte de l’espoir à tous ceux et celles qui rêvent de cette nouvelle Haïti engagée sur la voie du progrès grâce à l’éducation ».


 

Le Ministre

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